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Bénédicte Gerin présente un univers pictural singulier où l'aquarelle, la plume et l'acrylique se mêlent en un laboratoire de textures et de gestes. Héritière de l'action painting et de l'écriture automatique, elle crée des œuvres nourries de ses photographies, où le hasard du matériau guide et libère la main.

Dans l'atelier de Bénédicte Gerin, tout commence par une relation physique au matériau. La texture du papier — épais ou soyeux, lisse ou grenu — détermine souvent la nature du geste qui va s'y inscrire. Le pinceau n'est pas un outil soumis à la volonté de l'artiste : il la guide, lui indique un tracé, lui ouvre des possibilités auxquelles elle n'aurait pas pensé seule. Cette porosité entre l'intention et l'accident est au cœur de sa pratique.
L'exposition présentée à la Galerie Charlot se nourrit de ses photographies, retraduites dans le langage de la peinture selon un processus d'interprétation libre et sensible. On y retrouve l'énergie gestuelle de Pollock, la liberté formelle du mouvement Cobra, mais aussi quelque chose d'intimement personnel : une façon d'habiter la surface picturale, de la traiter comme un espace de vie plutôt que de représentation. Ses œuvres ont la qualité des journaux intimes — elles révèlent sans tout dire, elles montrent sans tout expliquer, elles touchent parce qu'elles ne cherchent pas à convaincre.
Bénédicte Gerin possède un univers singulier. Elle navigue entre l’aquarelle et le trait, la plume et l’acrylique, mixant dans son laboratoire intime, une infinité de techniques subtiles. Jackson Pollock et son action painting ne sont pas loin, le mouvement Cobra et ses expériences d’écriture automatique l’accompagnent.
« J’aime le papier, dit-elle avec gourmandise. Selon qu’il soit épais ou soyeux, bien souvent, il décide de mon travail, comme le pinceau qui me guide et m’indique un tracé. » L’exposition qu’elle présente aujourd’hui à la Galerie Charlot se nourrit de ses photographies et de ses voyages … Après l’immersion, la production : elle a dansé avec ses motifs, projeté son corps sur la matière, « débordant du cadre ». Écoutant en boucle les « Talking Heads », ces têtes pensantes qui ont accompagné son mouvement, Bénédicte Gerin a engendré des totems bicolores, rouge et noir, stendhaliens, des chromos orange, vert anis ou ultra marine.
Elle chemine patiemment vers l’abstraction. Une énergie sereine émane de ses intuitions graphiques et gracieuses.






