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Troisième exposition d'Anne-Sarah Le Meur à la Galerie Charlot, Immatière plonge le regard dans une lumière-matière noire, dense et vibrante. L'obscurité devient substance vivante, appelant une contemplation intime et durable.

Avec Immatière, Anne-Sarah Le Meur poursuit une recherche fondamentale sur la couleur comme expérience sensorielle et philosophique. Si ses expositions précédentes avaient exploré les vibrations lumineuses dans toute leur intensité chromatique, cette troisième série opère un choix audacieux : celui du retrait, du fond sombre, de la lumière qui se dérobe. Les tirages photographiques présentés ici sont issus d'un processus entièrement numérique et génératif — le code informatique devient le pinceau d'une peinture en perpétuel devenir.
Aux côtés des tirages, deux œuvres génératives en temps réel donnent à voir ce que l'impression fige : une tache noire qui apparaît et disparaît, insaisissable, parfois traversée d'une flamme colorée. Cette dualité entre le fixe et le mouvant, entre la matière et l'immatériel, est au cœur de la démarche d'Anne-Sarah Le Meur. Formée aux mathématiques autant qu'aux arts plastiques, elle conçoit ses œuvres comme des systèmes autonomes capables de générer une infinité d'états. Immatière est ainsi une méditation sur l'absolu — non pas comme idéal figé, mais comme horizon toujours en fuite, toujours à portée du regard.
Immàtière, troisième exposition d'Anne-Sarah Le Meur à la Galerie Charlot, fait le choix courageux et sobre de focaliser sur une lumière-matière noire. Dense, vibrante, sombre mais chaleureuse, l'obscurité, devenue substance, appelle le regard. Ce dernier y fouille et s'y loge dans une durée propre à chacun. Accompagnant les tirages sont présentées deux œuvres génératives : la tache noire y apparaît et disparaît sans cesse, insaisissable. La couleur y prend davantage de place selon les temps, et parfois s'y embrase.
La recherche de l'absolu, que mène Anne-Sarah Le Meur en langage informatique, nous propulse dans les profondeurs de la couleur et de la matière. A travers l'abstraction narrative de son œuvre, notre esprit s'égare dans les méandres des teintes, au rythme sensuel de formes organiques aux effets circulaires, plissés, moirés. Des mouvements infinis, où les couleurs se frôlent, se caressent, s'enlacent, se divisent ou fusionnent... tels des corps transcendés par les émotions, oscillant entre violence et douceur, nous forcent à la contemplation.
Héritière d'une culture picturale, Soulages, Rothko, et d'autres artistes expérimentaux, Turrell ou Brakhage, mêlée d'une passion pour Beckett, cette démarche questionne l'intervalle – ou l'union – entre peinture et image de synthèse, où couleur vaut pour présence et minimalisme signifie effleurement.













