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François Zajéga présente une pratique qui traverse le papier, la peinture, la photographie et la programmation autour d'une même pensée de l'espace. Ses images construites à partir de traits, de griffes et d'accumulations progressives interrogent la structure du corps humain et l'épuisement des formes par la répétition.

Chez François Zajéga, la diversité des médiums n'est pas un signe d'indécision mais une nécessité : chaque support révèle une facette différente d'une même interrogation sur l'espace et sur le corps. Que l'artiste travaille avec un crayon sur papier, avec un pinceau sur toile, avec un appareil photographique ou avec un ordinateur, le vocabulaire reste identique — traits, griffes, taches, traces, coups — et le geste garde cette même qualité d'urgence et de précision.
Son rapport au corps humain est celui d'un anatomiste poète. Il observe la structure osseuse, les axes, les renfoncements et les reliefs, et transpose ces données en une graphie qui tient autant du diagramme que de la calligraphie. L'épuisement de l'image par retraitements successifs est une autre constante de sa pratique : il retravaille ses images jusqu'à ce que la forme originelle disparaisse sous les couches de dégradation, produisant des œuvres où la pauvreté formelle finale témoigne d'un travail intense et obsessionnel.
Que ce soit via le papier, la peinture, la photographie ou la programmation, les images que je construis ont en commun une pensée de l’espace. Mon vocabulaire graphique est constitué de traits, griffes, tâches, traces et coups. L’épuisement des images par retraitements et dégradations successives, la pauvreté formelle et l’accumulation sont mes axes de travail principaux.
La construction d’un corps humain par l’observation de sa structure et axes, os, renfoncements et reliefs, ainsi que la mise en page de cette observation dans l’espace sont des notions primaires de toute ma production. Au cours de son évolution, elle est devenue de plus en plus abstraite, m’amenant à la représentation non-figurative. L’intention n’est plus de montrer la surface des choses mais bien d’en faire sentir le fonctionnement, l’énergie et le mouvement d’un côté, la structure et le volume d’un autre.
Le corps n’est plus que rarement présent, mais la volonté de le signifier grâce à un système de formes linéaires et de le placer en relation avec un espace/plan l’est toujours.


