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Olivier Ratsi, alias Nohista, matérialise pour la première fois des objets 3D en sculptures physiques, intégrant les guides de perspective dans une continuité numérique du Quattrocento. Cette « Renaissance » algorithmique convoque l'histoire de l'art pour interroger nos modes de représentation contemporains.

Avec « D'Echolyse à Perspicere », Olivier Ratsi franchit un pas décisif dans son exploration des rapports entre espace, géométrie et représentation. Après ses séries Delta, Onion Skin, RCTNGL, puis Echolyse (initiée en 2013), il prend la décision de sortir ses constructions de l'écran pour leur conférer une existence tridimensionnelle et tangible dans l'espace réel de la galerie.
Le terme « perspicere » (voir à travers, percevoir clairement en latin) renvoie à la perspective conique du Quattrocento, cette révolution visuelle qui a reconfiguré la représentation occidentale de l'espace à partir du XVe siècle. En incorporant des guides de perspective dans ses sculptures, Ratsi crée un dialogue entre deux moments historiques de rupture représentationnelle : la Renaissance italienne et le numérique contemporain. Ces sculptures, issues de conceptions logicielles purement virtuelles, posent une question fondamentale : que se passe-t-il quand un objet conçu pour l'écran traverse la frontière de la matière ? Le spectateur est invité à chercher le point de vue exact depuis lequel la sculpture révèle sa cohérence géométrique totale — un exercice perceptif qui est aussi une méditation sur la nature même de la représentation et de notre rapport à l'espace.
Olivier Ratsi rappelle des aspects essentiels de l'histoire de l'Art, toujours au prisme de l'outil numérique. Sa série Echolyse, initiée en 2013, après les oeuvres Delta, Onion Skin, RCTNGL, l'emmène lors de son exposition à la Galerie Charlot à matérialiser physiquement des objets 3D initialement destinés à de la pure conception logicielle. Il y incorpore des guides de perspectives, telle une continuité numérique à la perspective conique du Quattrociento. Cette « Renaissance » numérique prendra donc la forme de sculptures, où le spectateur sera invité, à l'instar des travaux de référence comme ceux de Felice Varini ou Georges Rousse, à retrouver un point de vue ; un point fuite, unique et dogmatique, et participe d'un mouvement conceptuel et esthétique de la rematrialité.
Dans le cadre de Némo - Biennale Internationale des Arts Numériques Paris / Idf
Opérant une cassure dans la réalité objective, ses créations ne se veulent pas tant un déclencheur d'émotions ou un moyen de perturber les sens qu'un catalyseur de points de vues, de références culturelles et psychologiques. Ainsi, le spectateur n'est nullement privé de sa capacité subjective de reconstruction/reconstitution de la réalité et est invité à prendre position afin de vivre l'œuvre en fonction de son propre ressenti.
Son travail a été présenté dans le New York Times Magazine pour lequel il a réalisé un travail de commande, ainsi que dans des festivals d'arts numériques tels qu'Elektra et Mutek au Canada, en Suisse au Mapping Festival, en Corée, à Taiwan, au festival Croisement en Chine, au Mexique, au Brésil, au Japon et en France à Némo, Scopitone, Vidéoformes, et Bains Numériques...
Olivier Ratsi a cofondé ANTIVJ en 2007, un « label visuel » spécialisé dans les projections audiovisuelles, les performances architecturales et les installations lumineuses.






