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Troisième exposition de Thomas Israël à la Galerie Charlot, EXILT — contraction d'« Exil » et d'« Exit » — confronte l'urgence du départ forcé et la crise syrienne à travers code, encre de Chine et art génératif.

Fils et petit-fils de réfugiés, Thomas Israël porte en lui une mémoire de l'exode qui informe profondément son œuvre. Avec EXILT, il aborde de front la tragédie contemporaine des déplacements syriens en conjuguant ses outils de prédilection — l'écriture informatique, le dessin à l'encre, la typographie — dans un geste à la fois intime et politique. La fresque murale réalisée à l'encre de Chine directement sur le mur de la galerie constitue le cœur de l'exposition : une traversée allégorique où chaque signe, minuscule mais singulier, représente une existence suspendue entre deux mondes.
Thomas Israël traite les lettres et les signes comme des unités de sens autant que des formes visuelles. Son langage graphique, nourri par l'histoire de l'écriture et par les possibilités du code génératif, transforme l'abstraction du flux migratoire en une expérience humaine et sensible. L'exposition réunit également des œuvres génératives sur écran, où des signes se forment, se désagrègent et se reforment en boucle — écho visuel d'une errance sans fin. EXILT est une œuvre de témoignage et de résistance, une façon pour l'artiste de donner corps, par la forme, à ce qui résiste à toute représentation directe.
Fusion des mots « Exil » et « EXIT », le titre de la troisième exposition de Thomas Israël à la Galerie Charlot, fait référence à l'urgence de sortir d'un pays et aux conséquences de ces départs inévitables.
Fils et petit-fils de réfugiés, Thomas Israël aborde avec sa sensibilité artistique la problématique de l'actuel exil forcé de milliers de Syriens. A cette occasion, il réalisera une fresque murale à l'encre de chine sur le mur de la galerie, une traversée allégorique qui nous mènera sur les traces de l'exode syrien, ou chaque signe, minuscule mais unique représente une vie en suspens.
Pour tenter de remettre de l'humanité dans un récit contemporain où les enjeux politiques estompent le drame humain, il collabore avec trois grands photojournalistes de terrain pour autant d'œuvres vidéo: Reza (National Geographic/World Press Photo Award/Infinity Award), Johanna de Tessières (La Libre Belgique/Paris Match/Handicap International) et Olivier Papegnies (Collectif Huma et La Libre Belgique/Médecins du Monde/Nikon Photo Press Award).
A partir de leurs portraits photos d'exilés à différentes étapes de leurs parcours - dans les camps de réfugiés au Liban, sur la route, dans la Jungle de Calais, ou devant l'Office des Etrangers à Bruxelles - Thomas Israël trace des signes, courbes, traits, points sur leurs visages et leurs corps, pousse nos regards à s'arrêter plus longtemps pour en saisir l'unicité, la préciosité, imaginer un avant et un après. Grace à ce geste, l'instantanéité de la photo se prolonge dans nos imaginaires afin de nous donner le temps de l'empathie.
Au déchirement géopolitique qui provoque le départ forcé de ces victimes, se rajoute l'exil intérieur. Par ses signes, Thomas Israël indique une trajectoire biographique qui s'inscrit sur le corps. A la photo poignante, se rajoute un niveau de lecture personnel à l'artiste en lien avec une mémoire transgénérationelle de l'exode. L'ensemble de ces trajectoires sont transformées en une sorte d'alphabet, écriture de l'artiste, traduisant ce que le langage et la raison n'arrivent à expliquer.
Thomas Israël nous propose de prendre position au delà des images et des chiffres. Il nous met face à nos responsabilités, nos croyances, nos peurs, nos espoirs, et nous invite à nous recentrer sur l'Humanité.










