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Bénédicte Gerin revient à la Galerie Charlot avec une nouvelle série d'œuvres toutes de vibrations et d'intensités colorées. Inspirée par les paysages andins — montagnes de Salta, glaciers de Calafate — sa calligraphie réinventée transcende l'écriture pour atteindre la pure sensation visuelle.

Bénédicte Gerin a depuis longtemps franchi les frontières traditionnelles de la calligraphie. Son art ne consiste pas à reproduire des lettres avec élégance, mais à en extraire le souffle, le rythme, la tension intérieure — pour les transformer en geste pur, en trace qui se suffit à elle-même. Dans cette exposition, deux ans après sa première collaboration avec la galerie, son langage plastique s'est encore affirmé et libéré.
Cette nouvelle série porte la marque de ses voyages en Amérique du Sud. Les montagnes de Salta, avec leurs ocres, leurs verts, leurs jaunes intenses, ont profondément imprégné sa palette. Les bleus glacier de Calafate, d'une pureté minérale saisissante, introduisent une nouvelle gamme chromatique. Ces paysages extrêmes ont libéré quelque chose dans son geste : les fonds, puissamment colorés, prennent désormais leurs marques avec une nouvelle assurance, structurant l'espace pictural avec une densité inédite. Le geste — toujours en mouvement perpétuel — s'inscrit dans ces espaces chromatiques affirmés, créant un dialogue entre la densité des fonds et la légèreté des traces calligraphiques. Chaque œuvre est une partition improvisée où l'écriture réinvente sans cesse sa propre grammaire visuelle.
Le parcours de Bénédicte Gerin l'a propulsée hors des codes de la calligraphie : avec elle, rien n'est jamais à prendre au pied de la lettre… Tout son art exprime un mouvement perpétuel. Deux ans après sa dernière exposition à la Galerie Charlot, elle revient avec des œuvres toutes de vibrations... Vibrations sur tous les tons des montagnes de Salta, des ocres, des verts, des jaunes... Jusqu'aux bleus glacier de Calafate… Apparition aussi de fonds, puissamment colorés, qui prennent peu à peu leurs marques dans cet univers où le geste, toujours, réinvente l'écriture, la trace, la cadence, le rythme, à la recherche d'autres graphies… À la recherche de matières, de textures qui s'adaptent au soyeux du support, donnant le sentiment de «glisser», d'invisibles pinceaux laissent filer l'encre, tandis que l'outil survole, palpitant, la feuille, explosant parfois à même le papier. L'abstraction permet de ne pas empiéter sur notre imaginaire. La verticalité, toujours, préserve, même dans des formats carrés, l'énergie qui en émane. Tout au long de l'année écoulée, cette énergie a trouvé son prolongement naturel dans la musique, au travers de performances en double impro et en live avec un saxophoniste. Qui inspire qui… tout y devient dialogue. Bénédicte se laisse emporter dans une histoire et la musique, à son tour, s'invite dans ses tableaux. Mais il s'agit de rencontres occasionnelles. Se priver de ses partitions intimes briderait trop son travail. Et toutes ses œuvres vibrent de leur musicalité propre…








