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Thomas Israël crée des objets à expérience et des espaces immersifs interactifs qui cherchent à toucher le spectateur « par-dessous la peau ». Ses installations, vidéos et performances associent librement des images pour créer des situations où la frontière entre l'artiste, l'œuvre et le public se dissout.
La démarche de Thomas Israël est fondamentalement utopique : il veut abolir la distance entre l'œuvre et son spectateur, créer des espaces où le contact est réel et non métaphorique. Cette ambition le conduit vers des formes hybrides — installations participatives, performances, environnements sonores et visuels — qui placent le corps du visiteur au centre du dispositif artistique.
Son rapport à l'image est celui d'un alchimiste : il associe des images « le plus librement et profondément possible », cherchant des combinaisons capables de produire des effets inattendus sur la conscience du spectateur. L'âme est matière, dit-il — et c'est à travers la matière des images et des sons qu'il espère atteindre quelque chose d'essentiel en l'autre. Cette foi dans le pouvoir de l'art à modifier réellement l'expérience intérieure donne à ses œuvres une énergie particulière, une urgence qui ne se laisse pas oublier. Une pratique généreuse et exigeante qui fait de chaque exposition une invitation à la rencontre.
Je crée des objets à expérience, ou des espaces immersifs, de préférence interactifs, ainsi que des vidéos et des performances. Ce sont autant de tentatives pour me rapprocher du spectacteur.
J'aime à croire que l'âme est matière et que c'est à travers la matière que je risque de l'atteindre. Fantasmatiquement, j'aimerais toucher le spect-acteur par dessous la peau et qu'il en fasse pareil avec moi, à la découverte d'espaces interdits, importants et convoités. Alors j'associe des images, le plus librement et profondément possible et ensuite je crée des situations pour que ces images soient ressenties, le plus librement et profondément possible.
Pour faire corps avec une oeuvre, comme avec un outil, il peut être intéressant d'interagir avec lui, c'est pourquoi je crée souvent des oeuvres interactives, dans ce même soucis de réduire la distance entre l'individu et l'oeuvre. Je parle de la mort, du sexe, de la solitude, de l'impermanance, avec une perspective plus sensoriel que sociologique ou politique malgré ma formation en sociologie.
Dans mes performances, j'utilise mon corps comme support d'images vidéo ou comme matériaux premier à un retravail logiciel, mon corps comme révélateur de dimensions cachées. J'y cherche des images paradoxales, belles et répulsives à la foi, charmantes par leur esthétique, dérangeantes par ce qu'elles remettent en question dans notre vision du sujet abordé.
Parfois je crée des oeuvres qui m'échappent une fois exposées, qui se génèrent et n'existent que par l'action qu'ont sur elles les spectacteurs.




