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Anne-Sarah Le Meur interroge le potentiel plastique de l'espace virtuel par la programmation : un langage radicalement mental qui lui permet de créer des images inconnues, impensées, surprenantes. Ses œuvres interactives révèlent ce que les mathématiques peuvent avoir de sensible et d'inattendu.

Pour Anne-Sarah Le Meur, programmer c'est peindre avec des règles plutôt qu'avec des pigments. Elle s'est approprié le langage informatique non pas comme outil de reproduction du réel, mais comme moyen d'exploration d'un espace visuel inédit — un espace que seule la machine peut habiter, mais que l'humain peut contempler, traverser et modifier par sa présence.
Son processus de création repose sur une rigueur logique et mathématique qui, paradoxalement, produit des résultats profondément sensibles et organiques. Les formes qu'elle génère semblent vivantes, évolutives, capables de surprendre leur propre créatrice. La programmation lui offre un moyen de contredire les préjugés sur la froideur du numérique : ses œuvres pulsent, vibrent, s'adressent directement aux sens. L'interactivité joue un rôle central dans sa pratique : le spectateur ne contemple pas depuis l'extérieur un objet figé, il entre dans un dialogue avec le système, influençant par sa présence et ses gestes l'évolution des formes et des couleurs. Enseignante à l'École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris, Anne-Sarah Le Meur conjugue rigueur théorique et sensibilité plastique dans une œuvre qui questionne en profondeur ce que voir veut dire à l'ère numérique.
Anne-Sarah Le Meur questionne le potentiel plastique de l'espace virtuel, ce qu'il peut manifester d'images encore inconnues, impensées, …inrêvées. Pour ce faire, elle utilise le langage de programmation, une méthode radicalement mentale, requérant logique, rationalité, tellement différente des autres moyens de création qu'elle doit permettre de créer quelque chose d'inattendu, d'étrange, de passionnant.
La programmation offre de réaliser des images qui contredisent ce que l'on pense de la programmation, des mathématiques et de la géométrie. Anne-Sarah Le Meur joue avec le code et le nombre, pour y poétiser, pour y contrevenir : programmer du presque rien, du dérisoire, du fragile et du sensible. Programmer une tache noire, un vide dans du sombre. Programmer la petitesse de la tache de couleur, seule dans l'obscurité, contre l'infini du nombre. La sensualité d'un passage de couleur contre l'exactitude du nombre. L'effusion du rouge contre la froide logique de la programmation. L'ambivalence du rose (frais, apaisé ou triste, érotique ou mièvre) contre l'impératif du point virgule.













