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Avec INTERIEUR, Eric Vernhes transforme l'espace de la galerie en une demeure habitée par des présences invisibles : un piano automate, une projection vidéo, des objets qui dansent selon une partition secrète et algorithmique.

Eric Vernhes conçoit ses expositions comme des espaces d'accueil, des maisons ouvertes où le visiteur est invité à séjourner plutôt qu'à passer. INTERIEUR pousse cette métaphore hospitalière jusqu'à son extrême conséquence : la galerie devient un intérieur domestique dont les habitants — piano, balancier, écran, projection — vivent leur propre vie, indépendamment de la présence humaine. Soudain, une touche résonne, une image s'anime, les objets entrent dans une chorégraphie précisément orchestrée par un code invisible.
Cette mise en scène de l'absence est au cœur de la poétique de Vernhes. Artiste peintre de formation qui a fait du numérique son médium principal, il explore depuis de nombreuses années la question de la représentation des espaces intérieurs — espaces architecturaux mais aussi espaces mentaux, zones de mémoire et de désir. Ses œuvres génératives fonctionnent comme des machines à rêver : elles produisent des images qui semblent appartenir à un autre temps, à une autre vie, tout en étant indéniablement contemporaines dans leur facture. INTERIEUR est une méditation silencieuse sur ce qui demeure quand les corps s'en vont — la trace des gestes, l'écho des voix, la mémoire des objets.
"Faire de l'art, c'est faire à manger, mettre le couvert, disposer quelques objets, puis s'en aller en laissant la porte ouverte. On espère que des gens se retrouveront là, dans cette « maison », et qu'ils trouveront de quoi se nourrir". Eric Vernhes
Intérieur. Un piano, un balancier, un écran, une projection vidéo. Une touche donne le rythme. Des images-souvenirs, des mots, un bruit. Aucune présence humaine. Soudainement, les objets enchainent une danse orchestrée. Une mélodie investit l'espace, le piano s'éveille, la projection vidéo s'anime dans un mouvement infini. Un piano automate ! Sa musique génère les images ? Ou les images engendrent sa musique ? Une partition, une écriture, des signes...Une histoire se raconte, ouverte et ponctuée de moments intenses, lyriques, d'interruptions, de staccatos…de silences. Les sens des spectateurs sont guidés par un fil invisible de l'ouïe à la vision…de la vision à l'ouïe. Entraînés dans cette narration fantasmagorique, ils sont invités à y trouver leur place.










